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Sex Life. L’homoérotisme dans le dessin

Exposition

SAW

Artistes

Cindy Baker, Panos Balomenos, Dave Cooper, G.B. Jones, Sholem Krishtalka, Zachari Logan, Kent Monkman, Diane Obomsawin and Mia Sandhu

Commissaire

Jason St-Laurent

Première grande exposition à traiter d’érotisme gay dans les pratiques du dessin, Sex Life a abordé des enjeux liés au désir homosexuel mis en lien avec une enquête sur la formation d’une communauté – les moyens par lesquels le sexe est en soi politique.

Partenaires : Beau’s All Natural Brewing Co., Debaser, DIY Spring, Galerie d’art d’Ottawa, SAW Video, Friday Lunch Project, Top Shelf Distillers, Jabberwocky, Dominion City Brewing Co., Collective Arts Brewing, Centre d'art autochtone, Paul Petro Contemporary Art et Cooper Cole Gallery

À partir de différents points de vue sur l’homoérotisme, le désir et le sexe, Sex Life présente des incursions dans des moments intimes, à la fois vécus et imaginés. L’exposition réunit diverses pratiques en dessin d’artistes contemporains, de dessinateurs underground et d’outsiders du milieu de l’art pour proposer des perspectives sur l’érotisme entre personnes du même sexe allant de l’intime à l’explicite. Les dessins délicats de Cindy Baker, dans lesquels des corps handicapés sont montrés dans la chambre à coucher, saisis dans des moments d’intimité sexuelle et autres, se juxtaposent à des images explicites de Panos Balomenos qui nous entraînent dans des zones d’inconfort, voire d’excitation. Kent Monkman se sert également d’illustrations explicites d’échanges sexuels pour rendre visible et satiriser la dynamique du pouvoir qui est à l’œuvre dans la rencontre coloniale. En partie autobiographiques, fictionnelles et empruntées, les œuvres de Sholem Krishtalka proposent un aperçu de la vie érotique, au quotidien, d’un homme gai vivant à Berlin. Si Sex Life offre l’accès à un monde habituellement à l’abri des regards, elle nous demande aussi de considérer de quelle manière nous pouvons vivre et représenter l’intimité, la liberté sexuelle, le désir et le plaisir, surtout en ces temps présents où nous assistons à la montée de politiques de droite et de mouvements conservateurs partout dans le monde.

Sex Life porte également sur la formation de communautés queer, en particulier les subcultures alternatives et underground, telles que vues dans les dessins de G.B. Jones où les rencontres érotiques impliquent alcool, drogue et rock ‘n’ roll. La scène de la bande dessinée underground est représentée par J’aime les filles de Diane Obomsawin, qui articule certaines des complexités entourant la sortie du placard, et par des dessins de Dave Cooper dont les « pillowy girls » font l’amour non seulement avec d’autres corps féminins, mais aussi avec des végétaux et des animaux. Zachari Logan et Mia Sandhu allient aussi l’érotisme et le monde naturel à celui du corps. Les deux artistes jouent avec les politiques du visible, en dissimulant et en révélant des corps dans la nature. Dans les images de Logan, le corps est enchevêtré dans le monde naturel, alors que celles de Sandhu proposent des corps de femmes dans des cadres naturels où sont révélées des parties normalement cachées de leur anatomie, reliant la sexualité féminine et l’environnement en général à travers les cultures.

Sex Life explore l’intimité sexuelle et les plaisirs ardents en reformulant l’homoérotisme à travers une variété de prismes, offrant ainsi une vision élargie de la vie et de la culture queer.